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Comme promis, je vous livre quelques extraits de mon second roman.

Le début de l'histoire

Pierre conduit, rassuré, confiant et heureux. Quand la route le permet, il tourne lentement la tête vers cette femme assise à c�té de lui. Elle s'est assoupie depuis un petit moment. Il la regarde, ému, la voudrait encore plus près.

Le lecteur fait la connaissance de Lauren

Deux heures du matin de l'autre c�té de l'Atlantique, Lauren attend un coup de fil de France. Il lui avait pourtant promis qu'il l'appellerait dès son arrivée. Bien s�r, elle comprend qu'il a des tas de choses à régler et pas des plus faciles, elle le sait, il lui a tout expliqué, elle a tout compris, elle a tout approuvé d'emblée, de toutes façons quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, elle l'aime trop pour le contredire.

Ernestine

Le jour tant attendu était enfin là. Comme à son habitude, Ernestine s�était levée de bonne heure et l�odeur de café qui embaumait la maison n�était pas pour déplaire à Madame. Ernestine mit un point d�honneur à confectionner les entrées. Cuisiner à l�ancienne la terrine de lapin aux fines herbes lui procurait toujours un plaisir inou� en faisant na�tre en elle quelques réminiscences liées à son enfance et plus particulièrement à celles du doux visage de cette grand-mère qui l�avait pratiquement élevée et qu�Ernestine avait toujours vu s�affairer derrière les fourneaux.

La guerre d'Algérie

La mort d�André, là bas, dans un pays à la fois proche et lointain plongea la petite bourgade dans la stupeur et la tristesse. Les habitants se rassemblaient en petits groupes et inévitablement la conversation revenait sur la mort de ce jeune homme, et pour ceux qui le connaissaient, ce fut l�occasion de parler de lui et de sa famille. De braves gens, pouvait-on entendre ça et là, un gars courageux qui devait reprendre l�affaire familiale, un fils unique, si c�est pas malheureux ça. Chacun participait ainsi à sa manière, à la douleur des parents concernés, et ceux qui avaient un fils déjà parti ou en âge de partir restaient muets, préférant se taire pour ne pas attirer le mauvais sort sur eux.
A quelques encablures de l�entrée du port de Marseille, le bateau qui transportait les soldats revenant d�Algérie fit retentir ses sirènes pendant de longues minutes. Tout ce que la ville comptait d�habitants s�immobilisa, puis une vaste clameur envahit les rues et monta dans les collines environnantes. Les gens arrivaient par groupes en criant, sautant, dansant, et du quai de la Joliette jusqu�au Vieux Port, une foule immense attendait le bateau. Lorsqu�il fut en vue, le silence se fit comme pour respecter ceux qui n�étaient pas du voyage.

Le mariage de Jean et Anna

Le oui que prononcèrent Jean et Anna fut éclaboussé d�un rayon de soleil qui s�était invité, en promenant sa douce et chaude lumière sur le seul et unique vitrail de la petite église où, parents et amis s�étaient retrouvés par cette belle journée de printemps.

Eugène et son cheval

Assis à la façon d'un cocher distingué, le brave homme, le dos bien droit, tenait les rennes d'une main ferme tandis que le cheval avançait d'un pas souple et léger. Anna fut la première à apercevoir ce curieux attelage et comprit tout de suite que Eugène était là pour elle et son mari. Elle s'avança toute seule vers le vieil homme, le c�ur battant, la tête remplie de souvenirs. S�approchant de lui, elle leva la tête, lui tendit sa main encore gantée de blanc pour l�aider à descendre. Le brave homme se laissa guider et lorsqu�il se retrouva à la hauteur de la jeune femme, il tremblait de bonheur. Anna l�entoura de ses bras et déposa tout simplement deux bons gros baisers sur ses joues, en retrouvant dans chaque ride cette odeur d�eau de lavande qui lui rappelait le parfum de son enfance. Elle remarqua qu�Eugène avait apporté grand soin à sa tenue vestimentaire et l�en félicita, tout en lui remettant d�un geste gracieux son chapeau qu�il avait quitté pour qu�Anna puisse l�embrasser. Le cheval secouant la tête de gauche à droite et de bas en haut semblait attendre lui aussi un geste d�affection. Anna lui caressa l�encolure en lui murmurant qu�avec sa crinière tressée et ses sabots cirés de noir, il était aussi élégant que son ma�tre. Piaffant de plaisir, l�animal se mit à pousser un doux hennissement en reconnaissant la petite fille qu�il avait si souvent transportée sur son échine.

La naissance de Lydia

Maintenant Lydia accrochée au sein de sa mère s�était endormie. Jean et Anna écoutaient son souffle tout en ne quittant pas du regard son visage, où, de temps à autre, un léger frémissement faisait battre ses paupières bleutées ourlées de longs cils.

La douleur de Jean

Inconsolable, Jean voulut être seul pour veiller Ernestine. Il passa donc la nuit en sa compagnie et lui parla pendant des heures durant, s�interrompant de temps à autre pour essuyer une grosse larme. Il avait beau se répéter qu�elle avait l�âge de s�en aller, Jean ne pouvait pas admettre qu�il ne la verrait plus. Pour essayer de se raisonner, il imaginait la vieille bonne lui adressant des remontrances.
� En voilà des façons, arrête donc de faire le bête, tu ne crois pas que j�ai assez vécu, et puis tiens, tu vois bien je ne pouvais plus marcher, et si cela avait d� durer, il aurait peut-être fallu que tu me portes et que tu viennes me border chaque soir. Tu parles d�une histoire, non, maintenant j�avais fait mon temps et je vais même te confier un secret, je commençais à m�ennuyer sérieusement sur terre.

Un grand malheur

Entourée de ses deux enfants, Anna, toute vêtue de noir entra dans l�église, le regard ailleurs. Là, près de l�autel, les yeux fixés sur le crucifix, elle ne pouvait pas s�imaginer que Jean était enfermé là, à tout jamais privé d�air, de lumière et surtout de soleil. Des larmes, elle n�en avait plus, elle les lui avait toutes données durant les deux nuits où elle avait tenu à rester auprès de lui pour lui parler, pour lui demander pardon de rester en vie et de ne pas avoir le courage nécessaire pour le rejoindre dans ce long voyage.

La rencontre

Lauren ! Elle lui avait dit son prénom sans qu'il le lui demande alors que Pierre n'avait même pas pensé à se présenter. Regrettant en cet instant de ne pas avoir suffisamment travaillé ses cours d'anglais, il bredouilla qu'il était français et qu'il travaillait, dans le cadre de ses études, pour une entreprise américaine. Elle sembla tout comprendre de ce que lui racontait ce dr�le de jeune homme qui tout en cherchant ses mots essayait vainement de lier conversation. Elle avait tout de suite deviné qu'il n'était pas pressé de la voir s'en aller et quand il lui proposa d'aller prendre un verre pour avant tout se réchauffer, elle accepta sans se poser de questions. Ils remontèrent la rue. Lauren avait oublié qu'il faisait froid et Pierre continuait à parler en s'appliquant à donner beaucoup d'importance à ses propos. Elle l'interrompit pour lui demander son prénom, il répara vite cet oubli en s'excusant encore une fois et comme pour se justifier, il affirma qu'en ce moment il n'avait plus sa tête à lui. Lauren le regardait, étonnée, sa tête, elle la voyait là tout près d'elle et il était en train de lui affirmer qu'il ne savait plus où il l'avait mise. Encore une de ces expressions françaises intraduisibles en anglais pensa-t-elle en esquissant un sourire.

Pierre

Le projet de Pierre de vouloir reprendre les vignes, fit jaser ceux ou celles qui voyaient là une fantaisie ou une lubie de la part de ce jeune homme qui n�avait jusque là fréquenté que des écoles où l�enseignement dispensé, était bien loin des réalités de la terre.

 

Lauren arrive en Provence

Sur le quai, Anna et Pierre attendaient avec impatience les deux jeunes filles. Anna toujours inquiète, regardait constamment sa montre et ne fut soulagée que lorsqu�une voix annonça que le train venait de rentrer en gare.
Anna rajusta sa robe, boutonna son manteau et fouilla dans son sac d�où elle en extirpa un petit miroir à main qu�elle tint à bout de bras afin de vérifier sa coiffure. Son chignon n�avait pas bougé, seuls quelques cheveux récalcitrants voletaient autour de son front. Elle regretta un instant de ne pas avoir pensé à prendre le petit paquet d�épingles à cheveux que lui avait offert Jean, lors d�une balade à Aix en Provence.
Dans la masse de voyageurs, Pierre n�eut aucun mal à repérer Lauren, elle était encore plus belle que dans ses souvenirs.

L'angoisse

Il était maintenant quinze heures passées et le téléphone restait désespérément muet. Trois heures s'étaient écoulées depuis le dernier coup de fil de Lauren, trois heures pendant lesquelles la jeune femme aurait d� avoir largement le temps de repartir sur Manhattan, trois heures dont chaque minute torturait l'estomac de Pierre, trois heures qui avaient distillé en lui les affres liées à une terrible impression d'impuissance. Pour la première fois et sans savoir pourquoi, Pierre eut peur car cela ne ressemblait pas à Lauren de le faire attendre ainsi.
N'y tenant plus, Pierre prit sa veste et sortit sur le perron en claquant violemment la porte d'entrée. Un vol de corbeaux passa en poussant des cris plaintifs et apeurés. Au même moment la sonnerie du téléphone retentit dans le grand salon.
� Enfin, ce n'est pas trop t�t, marmonna Pierre en traversant d'un pas rapide le hall d'entrée.
Anna, la voix étranglée par l'émotion, demanda à Pierre d'allumer le téléviseur. A l'autre bout du fil, Lydia appelait de Paris et à la façon qu'avait Anna de lui répondre, Pierre sentit pénétrer en lui un froid glacial annonciateur d'une catastrophe.

La fin de l'histoire

Anna, craignant que Pierre ne fasse une bêtise courut derrière lui puis stoppa sa course lorsqu�elle entendit sonner le téléphone.
A bout de souffle, elle décrocha et ne retint qu�un seul mot de ce qu�était en train de lui dire Lydia.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


 
Le second roman est sorti, on est aujourd'hui le 22 avril 2008

Mon deuxième roman vient tout juste de sortir... on est le 22 avril 2008
Voici donc "Heureusement!", mais oui c'est bien le titre et vous comprendrez la raison de ce choix à la dernière phrase du dernier chapitre.
Au fil des pages, vous cheminerez avec les personnages tous plus attachants les uns que les autres...et qui ont à peu près tous existé. Pour les uns, ils font partie de près ou de loin de ma vie, pour d'autres ils ont berçé mon enfance; je sais tout ou à peu près sur eux. Je leur ai redonné une seconde vie à travers ce livre, simplement pour ne pas les oublier et surtout aussi parce que certains m'ont servi de modèle et ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui.
Alors avec eux je vous souhaite une belle lecture et de merveilleux moments.

Ce second roman, je le dédie à ma petite fille Juliette en espérant qu'elle saura conserver tous les liens familiaux et amicaux que sa grand-mère a pu tisser avec tous ceux ou celles qu'elle a aimés.

Ci-dessous, voici la couverture du livre, conçue et réalisée par Jean-Claude, un ami, elle reflète parfaitement l'ambiance du récit. Jean-Claude y a travaillé et je dois dire que le résultat dépasse la hauteur de mes espérances. Je le remercie vivement.

Si vous le voulez, écrivez-moi à mon adresse personnelle, je vous le dédicacerai.
Son prix 20 euros + 4 euros de frais de port.

Françoise Vielzeuf-Balez

 

 

Villa Claire, 1 route de Fontvieille
 

30380 Saint Christol les Alès

 


 
Couverture réalisée et conçue par Jean-Claude , un ami.
fvielzeufbalez
09/02/06